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Agriculture Bio et eau, quel rapport ?

Situation de l’eau en Ile-de-France

En Ile-de-France, la présence de polluants déclasse 70% des masses d’eaux souterraines et 65% des rivières. En cause : la pollution générée par la vie domestique, les industries, l’entretien des voieries et l’agriculture.

Pourtant, cette eau est vitale, non seulement pour les écosystèmes locaux, mais aussi pour les franciliens eux-mêmes qui sont approvisionnés en eau potable via des circuits d’eau locaux.

Pour être potable, l’eau brute captée en milieu naturel doit donc être traitée.

Or ce traitement de l’eau coûte très cher. Et ce coût est répercuté sur notre facture d’eau ! C’est pourquoi, il est préférable de privilégier des pratiques préventives qui ne polluent pas ou peu l’eau.

Cas de l’agriculture

En Ile de France, environ 50% des terres agricoles sont situées sur une aire de captage d’eau potable.

Qu’est-ce qu’un pesticide ou produit phytosanitaire ? icones_peda

Les herbicides, fongicides, insecticides, etc. sont des produits de synthèse ou extraits de végétaux qui détruisent ou affaiblissent les végétaux, champignons et insectes indésirables pour les cultures.
En Ile-de-France, au niveau des stations de suivi du réseau de surveillance de la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement), les concentrations de pesticides relevées tout au long de l’année sont, pour la plupart, supérieures à 0,5 µg/l (valeur maximale de potabilité). 10% des stations présentent même des valeurs supérieures à 5 µg/l. Pour ces eaux là considérées comme trop polluées pour être traitées, les points de captage doivent être abandonnés. (Source DIREN Ile de France, campagne 2006-2007)

D’où proviennent les nitrates ? icones_peda

Les nitrates existent à l’état naturel dans le sol et l’eau ; ce sont les nutriments des plantes. Cependant présents à des doses excessives dans l’eau, ils sont nocifs pour la faune, la flore, mais aussi la consommation humaine. Ces excès sont dus à des rejets industriels (12%) et urbains (22%), ainsi qu’à l’agriculture (66%) via l’épandage d’engrais azotés chimiques ou issus des déjections animales.

Sur le bassin Seine Normandie, 33% des points de mesure dans les eaux souterraines présentent des concentrations en nitrates supérieures à 40 mg/l, dont 10% des valeurs supérieures à 50 mg/l (valeur maximale de potabilité). Ces excès de nitrates proviennent à 12% de l’industrie, à 22% des collectivités et à 66% de l’agriculture. (Source AESN)

Le traitement de l’eau pour réduire les teneurs en nitrates et en pesticides en deçà des normes (0.5 µg/l pour les pesticides et 50 mg/l pour les nitrates) est possible techniquement mais très coûteux ; bien souvent, les captages trop contaminés sont abandonnés.
Ainsi, par exemple, à St Martin la Garenne (78), Veolia Eau se voit obligé de construire une usine pour éliminer de l’eau l’atrazine et ses dérivés. Coût de l’opération : 8 millions € pour la construction et 550 000 €/an de fonctionnement (volumes traités : 30 000 m3/jour). De quoi indemniser tous les agriculteurs du bassin de captage concerné à hauteur d’environ 350 €/ha/an s’ils s’engageaient à ne plus utiliser de produits phytosanitaires.

En quoi l’agriculture biologique peut-elle être une solution ?

Ni pesticides, ni engrais chimiques (qui entraîne une pollution aux nitrates) : les agriculteurs biologiques n’utilisent aucun produit chimique de synthèse (! Ils s’engagent à cultiver dans le respect de l’environnement qui les entoure.

Comment font-ils ? icones_peda

En respectant la nature du sol, le cycle naturel des plantes et le bien-être des animaux, les agriculteurs biologiques cherchent à recréer les meilleures conditions pour avoir un sol, des plantes et des animaux en bonne santé ! Et si les plantes sont en bonne santé, pas besoin de les doper aux engrais chimiques et de les traiter à coup de pesticides !
icones_peda Le sol, par exemple, est entretenu pour rester fertile. Et les animaux qui restent sur la ferme car il n’y a pas de pesticides deviennent les meilleurs alliés de l’agriculteur. Ainsi, les petites bêtes du sol digèrent le fumier et le compost que l’agriculteur biologique étend sur les terres et les transforment ainsi en nourriture pour les plantes.
Mais en Ile de France, les agriculteurs biologiques ne sont pas encore assez nombreux : seul 1% des surfaces agricoles sont biologiques !!
Dans ce contexte, le GAB est régulièrement sollicité par différents acteurs sur des territoires, notamment dans le cadre des démarches de protection de la ressource en eau potable, afin de sensibiliser les agriculteurs au mode de production biologique.

Actions du GAB

Dans la mesure de ses moyens, le GAB répond à ces demandes, étant convaincu que, en particulier sur les aires d’alimentation de captages prioritaires Grenelle et SDAGE, l’agriculture biologique devrait faire partie des programmes d’actions et être davantage mise en avant, comme le prévoit la loi Grenelle de l’Environnement. C’est pourquoi dans ce but, le GAB souhaite pouvoir participer aux comités de pilotage des études AAC concernant ces captages.
Pour en savoir plus et connaître comment le GAB peut vous accompagner sur cette thématique sur votre territoire, consultez la page "Préserver la ressource en eau" de la rubrique "Comment agir ?".