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Le juste prix bio

Pourquoi les produits Bio sont souvent plus chers que les produits conventionnels

En prenant comme référence les prix pratiqués sur les marchés d’intérêts nationaux ou ceux des fournisseurs traditionnels, il est clair que les produits bio sont plus chers. Cela est dû, notamment, à des rendements et des volumes de production plus faibles, des frais de certification, une utilisation de main d’œuvre plus importante…

La qualité a un prix. L’agriculture biologique, soumise à des contrôles drastiques, exige en effet un investissement en temps plus important de la part du producteur. Celui-ci prend l’engagement de ne pas employer de produits chimiques.
Ses rendements sont plus faibles pour une quantité de travail plus importante. Statistiquement, les fermes BIO emploient plus de monde ! Ce surcroît de travail est répercuté sur les prix.

Mais, il faut voir plus loin que le ticket de caisse. icones_peda

Une réflexion sur le coût réel de chaque type de produits pourrait être intéressante à mener. Nous oublions trop souvent ce que coûte à la société, donc aux contribuables (via les impôts, la facture d’eau, etc.), la production de ce que nous consommons. Produire grâce à des pratiques biologiques, permet d’éviter d’engendrer des coûts de dépollution des eaux par exemple.

A ce titre, rappelons ici l’expérience menée sur le bassin versant de Munich. Afin d’obtenir une eau de qualité et de réduire les processus coûteux de traitement, la ville de Munich a décidé d’agir en amont. Depuis 1991, elle a encouragé l’agriculture biologique sur les 2250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d’eau potable en développant des contrats avec des agriculteurs locaux et en favorisant l’utilisation de leurs produits bio au niveau local.
Le programme de soutien à l’agriculture bio coûte 750 000 € / an à la ville de Munich, soit moins d’un centime d’euros par mètre cube d’eau distribuée. A titre de comparaison, le coût de la dénitrification d’une eau de plus de 50 mg/L (évitée grâce à la politique préventive de Munich) est estimé en France à 27 centimes d’euros par mètre cube d’eau distribuée. Sur le long terme, Munich réalise donc d’importantes économies en encourageant l’agriculture bio. Des initiatives de ce type se mettent en place petit à petit en France, citons par exemple le cas de Lons le Saulnier (39).

Manger Bio sans se ruiner ni ruiner autrui

Il existe des solutions simples pour manger BIO sans se ruiner. Avoir une alimentation plus équilibrée permet de réaliser de vraies économies.

La BIO entraîne généralement une modification globale du régime alimentaire. Or, cuisiner soi-même des produits frais coûte moins cher que d’acheter des plats préparés. Introduire des céréales et des légumineuses dans les repas permet de réduire la part des produits carnés dans le budget global. Comme le confirme un spécialiste de l’alimentation BIO, le médecin Lylian Le Goff : " grâce à une bonne hygiène alimentaire, on peut globalement manger BIO, régulièrement, sans dépenser plus ".
De plus, des études montrent que les produits bio contiennent plus de matières sèches, de fibres… (cf. dossier FIBL – mai 2006 sur commande auprès de www.itab.asso.fr/commande).
Ainsi, par exemple, les viandes bio rejettent beaucoup moins d’eau pendant la cuisson, ce qui permet d’amoindrir le coût de la viande si on se base sur la matière cuite réellement consommée.
De plus, le fait de réorienter son alimentation, en achetant plus de protéines végétales et des produits de saison permet de rééquilibrer son budget global.
Par ailleurs, la production BIO est beaucoup moins destinée à l’exportation que celle en conventionnel.
Cela contribue à ne pas concurrencer les agriculteurs des pays en voie de développement. Or, face à l’arrivée de produits issus d’une agriculture subventionnée, il n’est pas toujours rentable de maintenir, dans ces pays, une production vivrière et les paysans doivent abandonner leur métier.
De ce fait, leur pays d’origine perde leur souveraineté alimentaire et leurs équilibres sociaux pour hériter d’une dépendance anormale vis-à-vis des pays riches qui spéculent sur leur dette.

Pour conclure

La question est de savoir à quoi nous souhaitons employer notre argent.

Les produits Bio ont un coût. Celui de l’alternative à l’industrie chimique, celui de la souveraineté alimentaire, celui de l’avenir des générations futures et du respect de celles d’aujourd’hui.
Par ailleurs, s’alimenter, se nourrir et nourrir nos enfants, est au même titre que respirer ou se loger un besoin fondamental pour chacun. Pourquoi alors limiter à un simple prix au kilo l’orientation de nos choix de consommation ?
S’alimenter à partir de produits Bio et locaux, c’est avant tout se respecter soi même et participer à un projet de société différent de celui qui vient de nous montrer ses graves limites.