Agnès et Frédéric La Noé, éleveurs bio dans le Val d'Oise

Agnès et Frédéric La Noé, éleveurs bio dans le Val d'Oise

« La première porte qu’on ait poussée, c’est le GAB »

C’est l’une des 4 installations 2020 du Val d’Oise! Frédéric et Agnès La Noé, 45 ans chacun, se sont installés en 2020 en élevage biologique de brebis et de chèvres à la Ferme de Vauzelard. S’ils commercialisent déjà leur miel en conversion, l’heure est au nettoyage des terres, à la réhabilitation des bâtiments… La ferme qu’ils envisagent depuis 5 ans : un élevage bio en autonomie fourragère, pour la vente à la ferme et en Amap de viande et de fromages, de miel, et de fruits.

Agnès et Frédéric sont arrivés à Vauzelard il y a un an. La ferme de 29 hectares en surplomb d’une vaste zone humide, date de la fin du 19e siècle. Elle comprenait initialement une grande étable, une maison et une grange. En 1996, elle est transformée en ferme pédagogique. L’ancienne grange devient un logement et dans les bâtiments se cotoient des ânes, des chevaux, des dindons, des cochons, des poules... Si la locataire qui y restera 20 ans, avait réalisé les travaux de voieries, les pâtures, elles, avaient été laissées à l’abandon et la végétation a continué de pousser. « Ca fait un an qu’on nettoie. Les pâtures étaient des ronciers, il a fallu couper, enlever les clôtures, broyer… Mes parents nous ont beaucoup aidé

Les prairies de pâture naturelle sont parfaites pour les chèvres qui participent à leur niveau aux travaux de nettoyage. « Ca nous intéresse qu’elles mangent les ronciers, ça leur apporte plein de bonnes choses dans les parcours. Elles mangent au fur et à mesure dans les pâtures et ne restent à la fin que les graminées. »

La zone est en MAE (Mesure Agro-Environnementale), les animaux tournent entre les pâtures pour assurer une faible pression sur le milieu. « Comme on veut être le plus possible autonomes en fourrage, il y a un équilibre à trouver entre les pâtures, la production de fourrage pour les animaux et les zones où on laisse la flore se développer. »
La ferme est sur un captage d’eau potable, en zone classée Natura 2000, ce qui implique une responsabilité dans la gestion de la ressource. La ferme est alimentée par une source principale d’une série de sources qui alimentaient autrefois des moulins en contre-bas, et qui, aujourd’hui irrigue une exploitation maraîchère bio.

L’agriculture biologique s’est relativement imposée d’elle-même.

« Ca fait 6 ans déjà qu’on élève des animaux, dit Agnès, pas en bio en temps que tel, mais la gestion agro-environnementale et de la biodiversité sont dans nos pratiques depuis le début. »
Agnès a un doctorat en biologie et neuroscience. Frédéric, dont les grands-parents étaient éleveurs de vaches et de brebis dans la Haute-Vienne, a une formation forestière et en aménagement de l’espace et travaux du paysage. Ensemble, en 2006, ils ont créé une entreprise d’espaces verts. «On pratiquait l’éco-pâturage avec des moutons et des chèvres, parce que les méthodes traditionnelles d’entretien des espaces verts ne nous convenaient pas. On n’y voyait pas d’avenir, donc on s’est orienté biodiversité, gestion alternative. »

L’activité d’éco-pâturage leur permet d’apprendre le métier d’éleveurs ; les premiers retournements de matrice pendant les agnelages ont des allures de bizutage. Et comme ils ne voulaient pas élever des animaux uniquement pour l’entretien des milieux, ils décident de s’installer pour avoir un cheptel productif. « Notre projet, c’était de s’installer, pour la production de viande et de lait de chèvres, et de miel. » Ils entament les démarches et la recherche de terres en 2015.

« Pour les jeunes qui veulent s’installer, il faut savoir que ça ne se fait pas tout de suite, il faut gratter un peu du papier, se faire connaître. La première porte qu’on a poussée est celle du GAB. On est allés à un café installation Abiosol. On a fait plein de formations super intéressantes avec le GAB, des rencontres, on a été très très bien accueillis. On a fait aussi nos demi-journées d’installation à la Chambre. Et on a répondu à plusieurs dossiers de terres de location, quelques dossiers SAFER. »

La recherche de terres tarde à se concrétiser, mais ils possèdent un terrain d’1 ha. Alors réduisent un peu la voilure de leurs ambitions en décidant de créer une bergerie avec l’entreprise d’espaces verts, de poursuivre l’activité d’éco-pâturage et de commercialiser les agneaux. «C’était pas idéal, mais si on ne voulait pas s’installer à 60 ans… » Ce projet prend du retard. L’idée d’une Bergerie dans le village déplait au maire du village voisin qui attaque. Au bout de 2,5 ans, ils obtiennent gain de cause, non sans avoir dû se séparer des ¾ de leurs 170 solognotes. « Durant cette période difficile, le PNR du Vexin nous a fortement soutenu.»

« A chaque fois que je passais devant cette ferme, je me disais c’est tout ce qui nous faut »

(La suite est à lire dans le Francilien Bio n°52)

→ Fanny HEROS
Responsable de la Communication
07 86 51 87 33

... lire la suite