Le mot du président

«De grands enjeux se profilent et nous souhaitons les anticiper»

Après trente ans d'actions en faveur du développement de l'agriculture biologique en Ile de France, nous vivons aujourd'hui une réelle reconnaissance de la crédibilité de notre agriculture pour répondre aux enjeux sociétaux actuels. Que ce soit d'un point de vue économique, environnemental ou social nous sommes performants et durables.
Un grand merci à tous mes prédécesseurs qui ont tant œuvré au sein de ce syndicat, pas seulement pour préserver les intérêts corporatistes de notre profession agricole, mais pour faire bénéficier plus largement la population des bienfaits d'une alimentation de qualité tout en respectant notre environnement.

Aujourd'hui nous sommes toujours la région française la plus pauvre en Agriculture Biologique. Ceci est d'autant plus paradoxal, en bénéficiant de terres d'une grande qualité agronomique et d'une population très majoritairement demandeuse d'avoir accès à des productions locales et biologiques.

En 2018 nous récoltons les fruits de cet engagement. L’Observatoire Régional de l’AB francilienne, animé par le GAB IdF, confirme l’engagement de 73 nouvelles fermes, ce sont 4385ha de cultures supplémentaires en AB (contre 1884ha en 2017) qui représentent une augmentation de surface de 30,5% !

Nous pensons que cette situation n'est que le départ d'une transition globale. La triste crise économique subie à répétition par nos collègues en agriculture conventionnelle, nous permet d'être mieux entendus et considérés comme étant une grande partie de la solution.

C'est un défi de grande ampleur. Grâce à notre travail en collaboration étroite avec nos nombreux partenaires, notre région dispose aujourd'hui des compétences pour accompagner ceux qui sont volontaires, dont la liste s'allonge chaque jour.

C'est un constat qui est pour nous très positif, mais nous ne pouvons nous en contenter. Ce changement de paradigme aura des conséquences très positives pour la société, mais de grands enjeux se profilent et nous souhaitons les anticiper afin que cette évolution ne subisse pas une trop forte crise de croissance.

Tout d'abord nous devons adapter le marché. Aujourd'hui la demande infiniment plus forte que l'offre permet une sécurité économique réelle pour nos collègues. C'est donc le moment de profiter de cette position de force pour élaborer de nouveaux rapports économiques entre la production et la consommation, pour que ce changement d'échelle ne nous fasse pas tomber dans les dérives qui ont amené aujourd'hui l'agriculture conventionnelle dans une dévalorisation dramatique du métier de producteur.

Un autre enjeu capital pour la pérennisation de nos modèles est de continuer à améliorer nos pratiques que ce soit en terme de bilan carbone ou d'autonomie de nos territoires. Cela repose essentiellement sur l'aide au développement des filières les plus sinistrées sur notre territoire, l'élevage et l'arboriculture sont essentiels en synergie avec les céréales et le maraîchage qui ont le vent en poupe.

Nous comptons donc sur chacun d'entre vous pour participer à relever ce défi. L'agriculture est une des bases essentielle de la société, elle est l'affaire de tous.

Laurent MARBOT
Président du GAB IdF