« Aujourd’hui la bio est
cantonnée à une place de marché de niche », analyse Aurélie CATALLO, Directrice
programme agriculture IDDRI. Les politiques publiques prévoient 20% de bio dans
les menus, une SAU de 21% en 2030... Mais le développement des surfaces en AB
dépend de celui des grandes cultures, qui souffrent de « prix
insuffisamment rémunérateurs pour compenser des surfaces plus petites et des
rendements inférieurs au conventionnel ». Au-delà du seul prix du blé,
il s’agit de valoriser toutes les composantes de la rotation, beaucoup plus
diversifiée qu’en conventionnel. Pour cela, il faut « mettre le paquet
sur la structuration des filières » et adopter une politique alimentaire
très volontariste.
Alors que la Politique Agricole
Commune n’est plus qu’un chapitre d’un grand budget européen, la FNAB s’attache
à défendre une part pour la bio dans la mouture 2028-2034.
Sur le terrain, nos groupements
ont porté le Pacte Bio pendant les municipales et tissent au quotidien, des
liens de coopération entre les acteurs du territoire.
A l’échelle de la ferme, la visée se resserre sur le présent, parce qu’ « on ne peut rien prévoir » et on adapte les pratiques. Christophe Cottereau, paysan herboriste dans le VAR, note un point de bascule climatique en 2017. Il a décalé de 15 à 20 jours les périodes de récoltes, révisé son irrigation, paille et taille intentionnellement les plantes, là où il pratiquait la récolte sauvage.
Jérémy DITNER, Président de Bio en Grand Est et producteur de grandes culture et légumes de plein champ, utilise une combinaison de couverts végétaux et d’inocula microbiens, pratique le non-labour et diversifie ses couverts, … Des pratiques qui protègent le sol, concentrent le phosphore et la matière organique.
« La bio est cohérente avec
les enjeux contemporains. Sobre, autonome, elle offre des solutions là où le
système dominant faillit. C’est un récit porteur dans le contexte », ajoute
Aurélie CATALLO.
« L’AB coche quasiment une
croix dans toutes les cases des outils de politique publique (EGalim, SNANC…),
conclut Loïc MADELINE, Co-Président de la FNAB. « Notre rôle est d’encourager
l’Etat à les mettre en œuvre, faire reconnaître que nous sommes des acteurs
efficaces de cette mise en œuvre, inciter à leur financement et à récompenser
celles et ceux qui font ces efforts ».


